A l'approche de cette photo de Gregory Crewdson, on pénètre dans l'image, le grand format s'impose, et on perçoit immédiatement le caractère intrusif de notre regard. On ne trouve pas de réel premier plan excepté un morceau de route mais rien qui ne nous accroche. Le regard se perd immédiatement devant l'immensité du parking presque vide ponctué par quelques lampadaires et voitures. Les magasins en second plan semblent minuscules, écrasés entre le parking et les collines de l'arrière plan, ils peinent à se détacher de l'image. Le poteau télégraphique constitue l'unique lien entre ce décor et le ciel dont les couleurs bleutées se dégradent.
Sur ce paysage qui semble s'être arrêté on cherche la trace d'un être vivant. Il y en a effectivement quelques uns le long des vitrines fermées des magasins qui semblent aussi figés que l'environnement qui les entoure. Le seul personnage qui se détache de part sa place et son geste est la femme accroupie au milieu du parking et qui semble uriner, on sent vraiment l'instant figé, la gêne occasionnée par notre intrusion, le mouvement de cette femme qui s'apprête à se relever.
La lumière participe à la mise en scène elle souligne les détails grâce aux lampadaires qui diffusent des halos qui ponctuent la monotonie du parking. Les éclairages des magasins apportent une lumière qui balbutie et révèlent quelques espaces intérieures. La longe bande lumineuse horizontale à droite de la photo semble répondre à la verticalité du poteau télégraphique. Toute l'image semble baignée dans une certaine obscurité, on se demande si la scène se déroule à la nuit tombée ou au petit matin, ce qui laisse imaginer le devenir des personnages qui attendent peut-être l'ouverture des magasins ou qui restent dans cet endroit morne pour la soirée ne sachant pas où aller. Peut- être que ce parking est sur le point de se remplir ou alors il vient de se vider.
Le photographe réussit à nous faire rentrer dans ce jeu entre espace et lumière qui crée une atmosphère troublante, intrigante. Le sujet paraît désincarné mais on y plonge totalement et avec attention.
mercredi 29 avril 2009
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