Ce fourmillement que d’ici on aperçoit parait si lointain, si étranger à nos rues insipides et leurs croisements rectilignes. On remarque encore les colonnes immenses en pierre et béton, vestiges du passé qui structurent le bâtiment et dessinent sa façade ; et ses arches colossales ne révèlent que mieux les profondeurs animées où le regard s’engouffre.
Guidés dans notre marche par le sol qui se courbe et se tord pour nous diriger, on devine peu à peu des couleurs jusque là ternies par l’ombre, on distingue un murmure encore couvert par le ronflement de la ville. Je ferme alors les yeux pour me laisser appeler par cette rumeur distante et quand elle est devenue vacarme résonnant je me sens enveloppé. A l’intérieur, ce n’est pas la hauteur de ses espaces ni la densité de ses cheminement, qu’on devine dès l’approche, qui me surprennent mais cette odeur végétale qui imprègne l’atmosphère et réveille les sens. L’espace est tissé de tiges et d’échasses qui suspendent les commerces et les habitations ; l’air et le passant baignent dans les senteurs boisées qui en émanent.
Il faut alors pousser au travers de cette forêt construite. Les passages serrés se jouent du flâneur, le guidant à travers leurs détours. Serpentant sur leurs passerelles on serre parfois les murs tellement le sentier est étroit. On se heurte au passant à chaque croisement, chaque virage. Etranger, désorienté, je ne vois plus cette ville que j’ai approché de si loin, je la vie de tout près, je la sens et la touche. J’ai parfois l’impression que le chemin que j’empreinte, qui ondule dans des directions incertaines, veut me rappeler où je suis lorsqu’il m’expulse hors des murs et qu’il me projette, ébloui, suspendu au dessus de la voie rapide parisienne. Quand je rentre à nouveau je reconnais ces structures flottantes qui me sont devenues familières, l’odeur humide pénètre peu à peu mes vêtements. Je retrouve à chaque fois en m’enfonçant dans la ville cette ambiance de proximité, où l’étranger est presque intime.
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