Avec ses autoroutes à haut débit et ses transports de masse, ses communications illimitées et internet globalement tissé, notre ère survole les frontières. Les limites sont enterrées, physiques et virtuelles. Alors que cette mondialisation abolit l’« étranger », on peine à définir la place de l’individu dans ce territoire planétaire.
Du travail d’un siècle on semble omettre l’essentiel.
1. Il est temps de percevoir le potentiel de l’étendue géographique comme on percevait hier les possibilités virtuelles de la télématique. Il est temps de réhabiliter l’espace.
2. Il est temps d’utiliser cet espace libéré, de le parcourir et de l’habiter. Si le monde est notre Etat, chaque citoyen possède sa trace ; leurs vies ne sont que parcours et les lieux qu’ils traversent sont faits d’empreintes. Si vous voulez comprendre, il faut cartographier votre vie, ce que vous avez laissé et ce que vous avez pris.
3. Les migrations en tant qu’actes ponctuels laissent place à un nouveau type de déplacement. C’est dans la circulation et le flux que l’homme trouve son mode de vie. Il tient à sa place personnelle dans le grand processus de mondialisation ; il parcourt les villes à la recherche de leur âme et de leurs habitants. Il travaille pour une entreprise non localisée, aucune attache ne le retient : c’est un nomade urbain.
4. L’architecture de la ville doit répondre à ces nécessités nouvelles. La ville est un accueil intégral pour le nomade en transition. Il parait évident que ce n’est pas tant l’infrastructure qui tiendra lieu d’accueil mais la manière dont les migrants sont incorporés à la ville. Le futur de l’architecture est dans le déplacement, le roulement, qu’elle doit inciter sinon créer.
5. Cela commence par un lieu qui matérialise, qui transcrit avec puissance la trace du nomade. Les citadins de Paris viennent ici voir comment il est possible d’habiter la circulation. Loin de leur quotidien dépersonnalisé, ils expérimentent la fascination de l’« ailleurs », ils vivent par procuration la vie du voyageur et en échange ils offrent l’accueil.
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